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Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ]

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Kyle Melchior Lake
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MessageSujet: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Dim 3 Fév - 1:27

Rp perdu dans les oublieeeeeeettes

Alan : Encore pardon, j'suis qu'une vieille quiche périmée du bulbe


Dernière édition par Kyle Melchior Lake le Dim 3 Fév - 23:57, édité 1 fois
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Alan M. Davis
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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Dim 3 Fév - 23:34

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »

Des ombres. Des cris. Le chaos m’étouffe, enserre ses mains autour de mon cou brûlant jusqu’à m’en couper le souffle. Je me débats comme un diable, et bien que les mains aient finis par me lâcher, je sens toujours leur prise autour de moi. Je cours, mes poumons brûlent sous le trop plein d’air. Ce n’est pas la peur qui guide mes jambes, mais une intuition. Une mauvaise intuition que je suis parmi les décombres d’une ville en feu. Soudain, sans trop savoir comment je me suis retrouvé là, mon corps a quitté la ville, et cours au milieu des champs de mon enfance. La voix d’Andrew résonne comme un écho infernal dans ce monde dont je ne comprends plus rien. Il me hurle de m’arrêter, de rebrousser chemin, de ne pas regarder. Mais je ne l’écoute pas, je ne bouge plus. Je suis là, paralysé par la vue du corps flottant de mes parents mutilés, et par le rire de dément qui se joint à la scène. Je cri. Cri à m’en déchirer la voix, à m’en déchirer le corps.

A en déchirer le sommeil dans lequel j’étais plongé.

Je me redresse entre les draps, trempé de sueur, haletant comme un coureur en fin de course. Mon cœur me fait mal, et je n’attends pas une seconde pour reprendre mon souffle que je sombre dans une violente crise de larmes. Mes hurlements se mêlent à l’eau qui s’en vient à n’en plus finir de mes yeux, mes mains dans mes cheveux se joignent à l’arrière de ma tête tandis que mes coudes prennent appui sur mes genoux. Je me berce d’avant en arrière comme ces enfants atteints de troubles mentaux, comme ces fous que l’on renvoi à Sainte-Mangouste faute de résultats auprès du psychomage. Par ailleurs, je ne sais quelle folie a pris mon psychomage lorsqu’il m’a déclaré apte à retourner au travail. Non pas que je ne veuille travailler, mais si je n’hallucine plus tout éveillé, mes cauchemars n’en sont que plus denses. Je vois, dès que mes paupières se ferment, les visages déformés d’agonie de mes parents que personne n’a pu sauver. Je vois les visages de mes amis perdus au champ de bataille. Je vois ceux des centaines d’anonymes morts à proximité de moi. Leurs cris et leur apparence ne me quittent plus. J’ai sacrifié. J’ai combattu. La liberté, ma merveilleuse liberté, toi pour qui j’ai tant donné qu’as-tu offert en échange si ce n’est des regrets et l’amertume d’une vie que je n’ai plus la force de vivre ?
Combien de temps me faudra-t-il pour oublier ? Me permettras-tu d’oublier un jour ? D’oublier que l’espace de deux années, la guerre m’a tout prit. Et comme chacun le sait, ce que la guerre nous prend, elle ne le rend pas. J’ai payé le prix de mes idéaux de leurs vies. De leurs vies qui ne me quittent plus et rendent la mienne si difficile à mener.

Je me lève, je n’en peux plus. Même l’eau glaciale que je me jette sur le visage ne parvient pas à me calmer, ni même à stopper un tant soit peu la crise. J’en veux au monde entier. J’en veux à ceux qui vivent d’être encore là. A ceux qui sont mort de ne plus l’être. J’en veux au temps qu’on ne m’a pas laissé, à tous les actes que je n’ai pas pu exécuter, à tout ce à quoi je n’ai pas pensé en me lançant dans cette guerre. Mais par-dessus tout, je m’en veux à moi de ne pas savoir me tirer moi-même de cette souffrance. Depuis quand suis-je si faible ? Depuis quand Alan Davis est-il devenu si pitoyable ? Même Ace l’a remarqué. Ce mec dont je ne me souvenais même pas m’a jugé, a soutenu qu’il m’aiderait, mais qui le peut ? Certainement pas lui. Certainement personne. Si je ne peux même plus me regarder dans un miroir, qui peut oser prétendre pouvoir m’aider à le faire ? Je lève mon visage. Le miroir. J’y vois mon reflet que je chérissais tant auparavant, qui désormais me dégoûte, et soudain une envie viscérale me noue les tripes. Le miroir. Je connais un miroir capable de me rendre ce que j’ai perdu. Un miroir capable de me rendre ce que la vie m’a pris.

Je me débarrasse de ma chemise de lin trempée et la remplace par une chemise noire, propre, que je ne prends même pas le temps de nouer avant de m’enfuir de ma chambre. Mes pas résonnent en écho dans les couloirs du château vides à cette heure du soir. Mon souffle n’avait pas encore réussi à se réguler que je l’afflige à nouveau à la recherche d’une porte bien précise. Où est-elle ? Où se cache-t-elle ? Ma vue se trouble. A mon oreille, j’entends de petits gémissements sortir de ma bouche, extenué. Et enfin, après un énième déplacement d’escalier, le couloir du septième étage que je dévale, manquant de tomber à chaque pas que je fais, plus vacillant que son prédécesseur.
Je murmure « apparait », et voilà la porte qui se dresse devant moi. Je ne ralentis pas ma course, et heurte lourdement la porte qui m’arrête net. Je l’ouvre religieusement, sachant bien ce que je vais trouver derrière elle. Mon salut.
Enfin calmé, j’entre dans la pièce. Elle est à l’image de mon cœur : froide, et sale. Sombre et silencieuse. Il est là, tout au fond de la pièce, comme s’il me tendait les bras. Je m’avance de plus en plus lentement, le cœur au bord des yeux. J’approche. Doucement. Tout doucement. Puis, un regard vers le miroir de Rised, et mes larmes se laissent couler à nouveau contre un sourire naissant au coin de mes lèvres.

Ils sont bien là, tels que je les aie connus. Souriants, débordants d’amour. Leurs expressions sont si tendre… Mon père. Ma mère.


- « Pardonnez-moi… Pitié pardonnez-moi… »

Je tombe à genoux devant ces silhouettes chéries à qui je n’ai même pas pu dire au revoir. Ma gorge se serre et me fait mal. Ma main touche le pan de robe de ma mère, avant que mon front ne se joigne à elle. Je ne cesse d’implorer leur pardon. J’étais tellement étouffé d’arrogance, si certain que là où je les avais cachés personne ne viendrait à les chercher. J’avais tellement tort, et je les ai tués. Je contemple le visage larmoyant de ma mère, puis mon père passant son bras autour de son épaule. Leurs mains me cherchent, mais quand je touche les leurs je ne sens rien d’autre que le contact froid du miroir. Je crois y déceler une certaine chaleur pourtant, alors j’insiste. Je me relève. Seigneur ce que je voudrais pouvoir vous serrer contre moi. Mon Dieu, par pitié laissez-moi une chance, rien qu’une seule seconde pour changer cela. Rien qu’une minute pour arriver à temps. Rien qu’une heure pour pouvoir leur dire combien je les aime, combien ils me manquent.
Rien qu’un instant pour changer le cours des choses, pour retirer cette épine plantée dans mon cœur, pour effacer cette amertume qui me recouvre l’esprit depuis ce jour macabre.

J’implore le ciel et toutes les âmes qu’il peut contenir de me les ramener. De ramener ces innocents prit par ma faute, ces martyrs ayant souffert jusque dans leur dernier souffle au nom des idéaux d’un fils bien trop fier. Mais rien ne vient. Mes sanglots se bloquent dans ma gorge tant ils sont forts, et je suis obligé de tousser pour ne pas manquer de m’étouffer. Les mains et le front toujours collés au miroir, j’envoie je ne sais où des prières que nulle n’entendra, mais que me reste-t-il de plus après tout ? Soudain je crois déceler une voix. Je me calme instantanément. Mes larmes cessent de couler, ma respiration se régule. Je suis perdu à essayer de comprendre d’où cela vient, mais suis incapable de détacher mon regard des yeux couleur de ciel de ma mère. Et alors que je voudrais lui glisser un dernier pardon, un contact pressant se fait ressentir à mon épaule, et me force à me tourner.

« Monsieur Davis ». Je regarde celui qui vient de me déranger sans comprendre. Ma vue est brouillée, ma tête me lance. Je l’entends qui parle à nouveau mais n’écoute rien. Alors que je viens de tourner la tête vers le miroir je ne vois plus rien. Plus rien, si ce n’est lui et moi.
Mon corps se met à trembler violemment. Comme un fou je fais dévier mon visage du miroir au garçon, du garçon au miroir, mais je n’y vois plus rien. Je le pousse alors du plat de la main avec le peu de force qu’il me reste puis me jette sur le miroir. Cri.


- « MAMAN ! MAMAN ! »

Je secoue l’objet de mes rêves sans aucun succès. Continue de plus bel.

« MAMAN JE T’EN PRIE REVIENT ! REVIENT ! NE ME LAISSE PAS JE T’EN SUPPLIE !! J’ai besoin de toi… Tellement besoin… »

Je me recule un peu, ferme les yeux puis les rouvre. Rien. Je repars vers la porte d’entrée, sort, puis revient aussitôt et effectue avec le même tempo les mêmes gestes. Mais le miroir ne montre plus rien. Mes tremblements empirent, et bientôt, le flageolement de mes jambes ne me permet plus de rester debout par moi-même. Appuyé contre le cadre du miroir, une main de chaque côté de l’objet, je tente de reprendre mon souffle de nouveau désordonné, puis fronce les sourcils. Lui. Qui qu’il soit, c’est à cause de lui que ma mère est partie !

Je me retourner vivement vers l’inconnu qui n’a plus dit un mot et me jette littéralement sur lui. Surpris par mon geste, il n’a pas le temps d’esquiver que déjà mon bras vient trouver le chemin de son cou, et le bloque contre le premier mur que je trouve à proximité de nous.
Ce mec, qui qu’il soit, a fait disparaitre le reflet de mes parents dans ce miroir ! Pourquoi je ne vois plus que lui ?! Qu’a-t-il fait ?! Je voudrais le tuer, ici, et maintenant !
Je voudrais lui hurler oh combien je le déteste, oh combien je compte lui faire payer ce qu’il vient de faire mais mes dents sont bien trop serrées, ma colère bien trop forte, mais je n’avais pas reconnu les traits de ce visage. Je n’avais pas entendu cette voix. Ce n’est que lorsqu’après de nombreuses supplications je l’entends crier mon nom que la réalité me rattrape.

Alan. Il m’a appelé Alan. Entendre mon nom d’entre ces lèvres la me semble irréel, car je ne pensais plus pouvoir l’entendre. Je le regarde, les yeux écarquillés, comme si c’est à moi que l’on venait d’asséner la plus violente des gifles. Nos yeux se croisent, le silence règne. Dans mon esprit tout tourne à n’en plus finir, et l’impression que je vais m’effondrer se fait chaque seconde plus pressante. Pourtant, lorsque je le vois se reculer, comme prêt à partir, je ne peux m’empêcher un nouveau geste brusque en sa direction. Vivement, ma main vient attraper son poignet pour le stopper, tandis que dans un ton à demi-affolé, son nom franchit mes lèvres.


- « Kyle ? »

Nous nous regardons toujours, et dans la seconde où ma peau est entrée au contact de la sienne je me suis sentie tiré deux ans en arrière. Bien avant que n’éclate la guerre. Je me retrouve nu contre lui entouré par l’odeur des livres et du bois de la table contre laquelle je l’ai fait miens. Je retrouve au contact de sa peau le souvenir amer de mes larmes, et d’une confession forcée que je pensais avoir rangé dans un coin de ma tête dont il ne sortirait jamais. Etrangement, bien qu’il ne fasse pas partie physiquement de ce souvenir, le rappelle de la détresse qui me tenait pour ce garçon me revient avec une clarté foudroyante dans ma mémoire. Je peine à croire que ce soit lui, qu’il soit là. En une seconde tout me revient, me paralyse. Je l’attire un peu plus vers moi et le dévisage. Si seulement je pouvais au moins cesser de trembler…

- « Tu… C’est… C’est bien toi ? Tu es bien Kyle Lake hein ? »

Je ne sais pas pourquoi j’hésite autant, pourquoi je pose la question, car s’il est bien là devant mes yeux, qui pourrait-il être d’autre ? Mais j’ai tant de mal à distinguer cauchemar et réalité, et il était si loin de mon esprit durant ces jours noirs. Je ne sais même pas par quel miracle j’ai pu oublier. Ou me souvenir. Quel serait le plus logique. Ma main trouve sa place sur sa joue, et l’effleure craintivement, comme si à ce contact l’un de nous pouvait s’en trouver brisé à tout jamais.
Un vertige à nouveau. Un voile devant mes yeux. Les pleurs et les cris ont eu raison de moi, et je sais bien en vue de mon état que ce n’est qu’une question de temps avant que je ne tombe dans l’inconscience. Je m’écarte à nouveau de lui. Perdu. Je suis perdu. Je recule, encore et encore, jusqu’à me trouver adossé au miroir que je touche du bout des doigts en regardant celui qui fut mon amant. Je voudrais tourner la tête, juste pour m’assurer de la présence ou non de mes proches, mais mes yeux ne se détachent plus de lui. Où est la réalité dans tout cela ? Pitié, quelqu’un pour me répondre. Moi je ne sais déjà plus.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Lun 4 Fév - 19:07

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »

Ses yeux semblaient me regarder sans me voir. Son visage emprisonnait des nuits sans sommeil et était imprégné à jamais de deux fossés sous chaque œil, œil rougi par la fatigue et les larmes qu'il venait apparemment de sécher. Qui était cet homme qui me faisait face ? Son regard alla rapidement du miroir à mon visage avant de me pousser mollement du plat de la main. Je bougeais à peine, esquissant un pas en arrière. Je restais là sans bouger, interdit, tandis que l'homme que j'avais aimé depuis deux ans hurlait de toute sa voix contre un reflet. Qui était-il ? Il n'était pas Alan Davis. Non. Cet homme-là n'avait plus rien à voir avec celui qui m'avait fait sien une après-midi froide de janvier. Il me sembla le voir sortir et rentrer à nouveau dans la pièce, mais je ne le regardais plus. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas supporter la vue de ce qu'il était devenu. Un fou. Ce mot résonna dans ma tête un instant et je serrais les dents. Ma peau, mon corps tout entier était aussi froid que cette pièce. Je ne m'étais jamais senti aussi seul. Seul, je l'étais depuis deux ans, mais on venait de m'arracher mon jardin secret. Le souvenir que j'avais d'Alan Davis venait de m'exploser à la gueule pour être remplacé à tout jamais par cet être que la vie avait pourri jusqu'à la moelle. Restait-il seulement quelque chose que les l'Ordre des Ténèbres m'avait laissé intact ?

Lorsque son bras serra ma gorge, je n'eus pas le temps de réagir. Ni la volonté. Je le regardais s'acharner sur moi sans vraiment comprendre. Quelque chose avec ce miroir. Il n'a probablement aucune idée de qui je suis. Je me surpris à penser qu'au fond, finalement, c'était peut-être mieux ainsi. L'air commença à me manquer, et ma vue se voila. Alors c'était comme ça que j'allais mourir ? Non pas exécuté comme un traître, mais par les mains de la dernière personne qu'il m'avait été donné d'aimer. C'était.. pathétique. C'était pathétique, et ridicule. Je ne m'étais pas battu jusqu'ici pour me laisser crever dans les bras d'un vieux fou, qui qu'il soit. J'agrippais violemment son bras et criait avec toute la force et tout l'oxygène qu'il me restait. ALAN ! Comme s'il venait de recevoir un électrochoc, mon agresseur stoppa immédiatement sa pression sur ma gorge. Son regard se planta dans le mien pour la première fois et je crus y lire une étincelle de prise de conscience. L'espace d'un instant, son visage s'était illuminé et j'avais vu le Alan d'autrefois. Je m'appuyais sur mes genoux, une main malaxant mon cou endolori, mon corps secoué de soubresaut tandis que je toussais violemment sans réussir à reprendre mon souffle. Je me redressais à nouveau et plantais mon regard sur la porte. Sortir. Vite. Je sentais son regard sur moi. Ne me reconnais pas. Ne me reconnais pas, dis moi que tu as oublié qui je suis, que la folie t'as au moins épargné ça. Je lui tournais le dos, prêt à partir. Lâche. Tu n'es qu'un lâche Kyle Lake. Ce n'était pas juste à cet homme que je tournais le dos, mais à tout ce qu'il représentait. A tout ce qu'il était devenu. C'est à dire pas grand chose. Je fuyais. Je fuyais parce que je n'avais pas le courage d'accepter cette image de lui. Parce que je savais au fond de moi qu'il était toujours Alan Davis, et qu'il me faisait peur, et qu'il me répugnait. Un pas en avant, je m'imaginais déjà partir en courant dans le couloir, effrayé à l'idée qu'il pourrait me suivre. C'est à ce moment qu'il saisit mon poignet.

- Kyle ?

Merde, merde, MERDE ! Son regard rencontre le mien à nouveau et je vois à ses yeux qu'il vient de prendre tout à fait conscience de qui je suis. Pourquoi ? J'aurai du partir lorsqu'il était en pleine crise d'hystérie. J'aurais du.. je lançais un rapide coup d'oeil à sa main sur mon poignet, hésitant un instant à tirer violemment dessus et partir en courant. Je voulais qu'il disparaisse. Me tirant un peu plus vers lui, je me vis forcer de faire un pas en avant.

- Tu… C’est… C’est bien toi ? Tu es bien Kyle Lake hein ?

Lorsqu'il effleura ma joue de sa main, je ne pus retenir un mouvement de recul. Je ne voulais pas qu'il me touche. Le Alan d'autrefois avait été le dernier à me toucher de cette façon, et il était le seul à pouvoir le faire. Lui, lui, il n'avait le droit de rien. Alors je lui répondis sans vraiment réfléchir, la première chose qui me traversa l'esprit.

- Non. Je ne sais pas de qui vous parlez.

Je ne savais même pas vraiment pourquoi je lui mentais. Sûrement dans un vain espoir de me protéger, de créer une barrière infranchissable entre lui et moi. Une distance. S'il ne savait pas qui j'étais, il ne pourrait pas m'atteindre. Je me sentis un peu rassuré à cette idée et plus sure de moi.

- Vous avez du me prendre pour quelqu'un d'autre.

Un rôle. Oui, je jouais un rôle. Et en faisant cela, je n'étais plus Kyle Lake. Si je n'étais plus Kyle Lake, je n'avais plus de raison d'avoir peur de regarder droit dans les yeux la folie qui avait emporté mon ancien professeur. Je levais enfin les yeux vers lui. Un voile cadavérique recouvrait son visage. Faible, il paraissait si faible. J'esquissais un pas vers lui, avant de m'arrêter soudainement. Si je m'approchais de lui, s'il pouvait me voir proche de lui suffisamment longtemps, il reconnaîtrait forcement mon visage. La pénombre de la pièce me permettrait de rester non identifié. J'ouvrais la bouche pour ajouter quelque chose, mais ne trouva rien à dire. Pourquoi ne pouvais-je pas simplement m'excuser et partir ? Qu'est ce qui me retenait ici ? Certainement pas lui. C'était cette curiosité malsaine. Je ne voulais pas savoir. Je ne voulais pas savoir, et je voulais savoir. Maintenant que j'étais là, le mal était fait. Son fantôme me hanterait quoiqu'il arrive. Je fermais les yeux et me concentrait un instant. Je ne suis pas Kyle Lake. Je ne suis pas Kyle Lake, et je n'ai pas peur.

- C'est qui, Kyle Lake ?

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Lun 4 Fév - 22:46

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »

Ce n’est pas possible, j’ai l’horrible sentiment d’être encore en plein cauchemar. Comment ça ce n’est pas Kyle ? Mais qui alors ? Je distingue mal son visage, mais je jurerai pourtant que c’est bien lui. Je dois pourtant me rendre à l’évidence lorsqu’il me certifie à nouveau que je me suis trompé. Qu’il n’est pas celui que je le croyais être. Je recule. Je ne pense plus au miroir désormais. Je crois que la nouvelle m’a mis la claque qu’il me fallait pour que je me réveille, pour que je prenne conscience de l’état dans lequel je me suis mis. Encore. Car si je suis désormais apte à reprendre un semblant de vie normale, mes nuits, quant à elles, sont restées le puits de tourments qu’elles étaient.

Je me rappelle amèrement qu’auparavant, la nuit était pour moi synonyme de plaisir et de volupté. D’insouciance, de possession. Et plus je reprends mon souffle, plus mon esprit remet les pieds dans la réalité, et plus cela me manque. Car cet Alan sans attache a disparu. Enfin… Disons plutôt qu’il a retourné sa veste, car à présent être touché me debécte. Pas comme ça en tout cas.
Et c’est d’autant plus douloureux à reconnaître lorsque je me souviens de Kyle. Kyle qui était le seul à avoir dompté mon cœur. Ce cœur qui n’appartenait qu’à moi et dont je n’offrais jamais rien, lui, par mégarde, l’avait pris en criant mon nom dans la fraicheur d’une salle de classe.
En réalisant que je me trouve donc en présence de quelqu’un qui ne m’est pas familier, mes muscles se tendent et la honte me gagne. Il me demande qui est Kyle. Je voudrais lui crier que ça ne le regarde pas. Un étrange sentiment possessif s’empare de moi, et je ne peux déjà plus refouler mon renfrognement. Je me suis montré faible, vulnérable, en pleine crise d’angoisse devant quelqu’un qui certifie ne pas m’être lié. Et puisque dans cette école je suis professeur, et puisque dans ce monde mon nom s’affiche sur la liste des « héros », je ne peux même pas m’étonner qu’il le connaisse. Je me hais : comment ai-je pu manquer à ce point de vigilance ? Encore une fois, l’agonie qui ronge ma mémoire aura eu raison de moi.

Incapable de surpasser cette honte, je ne dis rien. Les secondes s’écoulent, laissant place à un silence mal à l’aise. Je voudrais fuir, mais ce serait bien trop lâche. Je pourrai dans ce cas attendre que l’autre soit dans une situation trop inconfortable pour rester, mais il n’a toujours pas scillé. J’abandonne peu à peu, m’apprêtant à capituler et à partir.
Mais soudain, mes yeux s’habituent à l’obscurité. Soudain ses traits se font plus distincts. Mon cœur se serre, mon expression s’assombrit. Un déclic. Une seconde. Je n’ai désormais plus peur de lui répondre. Je crois même que cela m’encourage. Je me décide donc enfin à ouvrir la bouche.


- « C’était l’un de mes élèves. »

Je l’observe du fond de la pièce. Maintenant que mon esprit s’est éclairci, que ma vision n’est plus si trouble, tout devient plus facile, et je ne compte pas perdre une miette de sa réaction. Je poursuis.

- « Mais il était aussi… Celui que j’aimais. Le seul que j’ai jamais aimé ».

Voilà c’est dit. Je n’aurai jamais cru le dire moi-même, encore moins dans ces conditions. Ça n’aurait jamais dû être dit dans ces conditions, mais le goût amer dans ma bouche me laisse sous-entendre que c’était le mieux à faire. Car après tout Kyle, tu m’as menti. Tu te tiens devant moi, faisant mine de ne pas être celui que tu es. Le regard que tu me lances parle pour toi : tu me prends pour un fou. Je te donnerai presque raison, l’ennui c’est que je ne le suis pas. Pas assez pour prétendre être ce que je ne suis pas. Je tente de me consoler vainement : peut-être t’es-tu vraiment oublié toi-même ? Qu’es-tu devenu durant cette guerre ? Je voudrai te le demander. Je voudrais que tu me pardonnes ma violence d’antan. Je voudrais que tu me pardonnes de t’avoir laissé sans nouvelles en cette période noire. Mais une seule idée vibre dans mon corps : tu m’as menti, et cela m’écœure, car ce sont eux qui mentent. Eux qui font du mal. Et tu te voulais l’un des leurs autrefois. Qui es-tu vraiment au fond ? Je crois bien que ça me devient de plus en plus égal. Je te veux. Oui je lui en veux de ne pas être plus compréhensif, de me regarder ainsi. Je lui en veux de tant regarder la porte sans chercher à cacher ton envie pressante de partir. Mais tu ne partiras pas. Pas maintenant : car si tu as eu le malheur de croiser l’écorché qui git au fond de moi, tu sauras bien assez tôt qu’il cicatrise de jours en jours, et que bientôt viendra le jour où je renaîtrai, égal à moi-même. D’un ton faussement doucereux, je choisis de jouer au même jeu que lui, et lui glisse alors :

- « Mais je l’ai oublié. J’ai oublié jusqu’à son visage, jusqu’à sa voix. Je crois bien qu’il te ressemblait, c’est pourquoi je vous ai confondu, mais finalement tu ne lui ressembles pas vraiment… »

Je souris. Et ce sourire je lui tant de fois tendu : un sourire provocateur, menaçant. L’un de ces sourires comme une signature en bas d’une page, une promesse qui venant de moi n’est jamais de bonne augure. J’achève enfin ma phrase…

- « Lui n’a jamais regardé personne avec cet air craintif que tu as. Oui, je m’en souviens à présent… C’était le genre de garçon qui vous regardez toujours droit dans les yeux sans une once de pitié. Ce regard me manque… »

Je lui tourne le dos et refait face au miroir. Passant une main sur mon front, je chasse du bout des doigts les quelques perles de sueur qui luisaient encore à mon front, dernières traces de ma transe. Dans le miroir, je vois désormais, non plus les images de mes parents massacrés, mais son visage. Un visage plus jeune de deux ans. Un visage dont je chérissais le souvenir, et qui me semble perdu à jamais. Je serre les dents, puis achève ce que j’avais à lui dire. Comme un dernier test pour nous.

- « A moins que mes histoires ne t’intéresse vraiment, tu ferais mieux de partir. Comme tu as pu le voir, je ne suis pas de très bonne compagnie ce soir. »

Pars. Pars si tu l’oses. Je te laisse le choix de mettre un point final à tout cela ou d’en continuer l’écriture, sans savoir si je suis moi-même prêt pour cela.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Mar 5 Fév - 0:12

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »


« Celui que j’aimais. Le seul que j’ai jamais aimé. »

Les mots restèrent en suspens un instant, comme refusant de prendre le sens qu'ils avaient. J'étais plié en avant, cramponné d'une main à un fauteuil tout proche. L'effet de cette révélation sur moi me donnait l'impression d'avoir reçu un uppercut en pleine poitrine. Mon rythme cardiaque s'était accéléré subitement, ma vision s'était troublé et je respirais difficilement. Il fallait que je reprenne mon calme, et vite. Aussi calmement que possible, je m’agrippais à ce fauteuil pour en faire le tour et m'y asseoir enfin. Les mots bourdonnaient dans ma tête tel un essaim toxique. Je refusais encore d'en croire un seul. Et d'abord, comment pouvait-il balancer ce genre d'information à un parfait inconnu sans ne jamais m'avoir contacté en deux ans ? C'était ça, sa définition d'aimer ? Disparaître sans laisser de traces ? Je serrais les poings sur le fauteuil, une nouvelle sensation au delà de la surprise naissait en moi. L'incompréhension. La rancœur. On n'abandonne pas les gens qu'on aime. C'est pour cette même raison que mes parents m'avaient laissé de côté. Que je les avais trahis ensuite. Et pour cette même raison que tout le monde finissait par me laisser seul. Il n'avait pas été l’exception pour confirmer la règle.Alan Davis m'aimait ? Tout ça me paraissait impossible. J'avais vécu deux années durant, persuadé que j'avais été le seul à faire de lui une obsession. Oui, certes, il m'avait dit avoir vécu quelque chose de fort ce jour-là. Mais jamais je n'aurai cru que.. Peut-être était-il juste encore plongé en plein délire. Et pourtant, il semblait bien calme à présent, la crise maintenant passée. Je fermais les yeux et pris un grande inspiration. Ma tête était un vrai foutoir émotionnel. Incapable de comprendre ce que je ressentais exactement. Il fallait que je fasse le tri. Tristesse était présent. Surprise aussi. Mais celui qui prenait toute la place était Colère. Oui. J'étais furieux contre lui. Si j'avais su. Si seulement j'avais su. Je l'aurais contacté, je l'aurais retenu. Il n'aurait pas été seul. Je n'aurais pas été seul. Quel que soient les horreurs que la guerre avait pu lui montrer, j'aurais été là, avec lui. Toujours. Il avait tout gâché.

- Mais je l’ai oublié.

Voilà, on y arrivait enfin. Finalement je n'étais qu'à moitié surpris. Qui était assez stupide pour rester attaché à un fantôme pendant deux ans ? Je serrais encore un peu plus les poings et serrais les dents. Chacun de ses mots étaient devenus une lame lacérant mon thorax et mon cerveau. Je pourrais décider de partir à tout moment, mais j'avais besoin d'entendre. J'avais besoin de l'entendre expliquer que je faisais parti du passé. Une boule dans la gorge de la taille d'un poing me serrait la gorge. J'avais envie de hurler. Une partie de moi envie de lui gueuler que c'était moi, Kyle Lake. Que c'était moi et que je l'aimais, mais que je le détestais pour toujours. Qu'il avait tout gâché. Tout. Cette façon dont il parlait de moi sans savoir qu'il s'agissait de moi me rendait fou. Je bondissais hors du canapé et débitait des paroles sans vraiment réfléchir.

- Vous l'aimiez ? Vraiment ?! Comment vous pouvez en être si sur si vous n'avez jamais aimé personne d'autre ? Si vous l'avez oublié aussi facilement, aussi vite ? Pourquoi vous n'êtes pas avec lui ce soir, au lieu de pleurnicher tout seul devant un stupide miroir ?

Je regrettais aussitôt mon emportement. Et lui lança un regard calme mais sceptique, tout comme le personnage que je jouais devant lui, je n'arrivais juste pas à le croire. Je repensais à ce qu'il m'avait dit. Sur la façon dont je ne pouvais pas être Kyle Lake. Craintif. Un sourire narquois aux lèvres, je passais une main sur mon cou endolori et marqué d'une énorme marque rouge qu'avait laissé son bras.

- Vous avez bien failli me tuer toute à l'heure, je pense pouvoir m'accorder le droit d'être craintif.


Je me rasseyais, sur l'accoudoir du fauteuil. Cette scène avait quelque chose d'irréel. Tout ça était trop... imprévu. D'abord le voir, puis cette révélation. Je passais une main dans mes cheveux, sortait un paquet de cigarettes Moldus de ma poche et m'en allumait une d'une main tremblante. Il me tendait enfin cette perche que j'attendais pour me libérer de cette conversation. Elle était là, mon opportunité de partir. Je tirais sur ma cigarette en silence. Si je partais maintenant, qu'est ce que j'allais faire ? Fixer le plafond de ma chambre hanté par sa voix et son visage, cramponné à ma baguette si jamais ils venaient pour moi ce soir. Non, je ne serais pas mieux là bas qu'ici. Je me frottais les yeux comme pour en faire disparaître toute apparition potentielle de larmes. Je tirais une nouvelle fois sur ma cigarette et soupirais bruyamment.

- Insomniaque. J'ai toute la nuit devant moi.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Lun 18 Fév - 1:22

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »

Et voilà ce que j’avais fini par obtenir. Il s’était trahi. Et de lui-même de surcroit. Je dois admettre que sa réaction me surprend, je ne l’imaginais pas si vive. Si brutale, et surtout, si triste. Je sens dans sa voix cette même faille qui m’étreint depuis deux ans alors qu’il me demande si vraiment j’aimais ce garçon dont je parle et qui n’est autre que lui en vérité.
Le voilà qui met le doigt sur un problème bien particulier. Comment être certain que ce que je ressentais était de l’amour si je n’ai jamais vraiment aimé auparavant. Et pourquoi, oh grand pourquoi, si j’aimais vraiment cet homme je ne me trouvais pas avec lui ce soir. L’envie de me jeter sur lui et de lui faire savoir que c’était déjà le cas m’étouffa pendant un instant qui me parut une éternité. Je ne comprenais pas ce sentiment. Ce serait pourtant tellement simple d’avancer vers lui, de le serrer contre moi en implorant son pardon, et de lui dire clairement ce qu’il en était de mes sentiments. Mais non, ce n’était pas envisageable. Ni pour moi, ni pour lui d’ailleurs. Je savais d’avance où nous mènerait cet entretien. Nulle part. A rien qui ne soit bon, à rien qui ne soit heureux. Devant le regard désormais plus calme, mais tout aussi noir de celui qui fut mon amant, je répondis alors le plus sincèrement possible :


- « Oui, je l’aimais. Je l’aimais vraiment, et je n’ai pas besoin d’arguments ou d’expérience pour le savoir, c’était une simple évidence. Quelque chose auquel je ne pouvais pas réchapper. »

Je ne souhaitais pas répondre au pourquoi je l’avais oublié car ce n’était pas le cas. Bien au contraire. Et comment expliquer quelque chose que j’avais tenté de faire mais dont j’étais purement incapable ? Je me sentais en quelque sorte pris au piège par cette question, et cela retournait grandement la situation. Devais-je ou non lui dire la vérité ? Etais-je vraiment le seul à blâmer ? Et d’ailleurs de quoi devrait-on me blâmer ? D’avoir mis ma vie entre parenthèse pendant deux ans pour ramener la paix dans un monde pourri par des mentalités insanes ?! Je crois que c’est bien la première fois que je m’interroge à ce sujet, car finalement quelle autre raison à notre séparation que la guerre ? Bien sûr j’aurai aimé être près de lui, bien sûr j’aurai aimé tout lui avouer, mais ç’aurait été agir de façon immature, et imprudente. Dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut, et en dépit de tout, peu importe à quel point je le voulais lui, je ne pouvais me laisser distraire. D’ailleurs, quoi qu’en dise sa réaction, rien ne me permettait d’affirmer que ce que je ressentais était réciproque. Après tout, il était alors comme moi le genre d’homme à préfère le corps au cœur. Rien ne pouvait me garantir que l’aveu de mes sentiments nous conduirait à nous tomber dans les bras l’un de l’autre. Je n’étais certainement que le premier à l’avoir dominé et voilà tout.

Lorsqu’il me fit remarquer que j’avais manqué de le tuer, mon cœur se serra férocement dans ma poitrine. Encore une fois je ne m’étais pas contrôlé, je n’avais pas su réguler ma force, et voilà qu’en contrepartie lui devait porter la marque de mes mains sur sa peau opaline. Et amèrement, je me surpris à aimer ça. Dans ces moments-là je sentais l’homme que j’étais autrefois revenir à la charge : pervers et sadique au possible. La simple idée d’avoir laissé sur ce corps me volant toute raison ma marque fit monter en mois une chaleur que je n’avais plus ressenti depuis la dernière fois où il m’avait été donné de serrer son corps contre le mien.
Il doutait de mes sentiments, les remettait en cause sous prétexte que je n’avais jamais si fort auparavant… Si seulement ce petit con savait ! Si seulement nous n’étions pas prisonnier de ce foutu protocole que s’impose l’être humain, je lui montrerai bien toute l’ampleur de ce dont il doutait !

Soudain je tiquais. Qu’est-ce qu’il venait de mettre dans sa bouche là ? Je croyais rêver. C’’était une hallucination, ce n’était pas possible autrement ! Kyle Lake, une cigarette moldu coincée entre les lèvres. A croire que je n’étais pas le seul que la guerre ait changée, quoi qu’il me fût impossible de l’imaginer allant plus loin dans son implication avec les non-sorciers. Mais dans son cas c’était déjà un grand pas… Merde, ce qu’il pouvait être sexy. Je me claquais mentalement en me découvrant jaloux d’une simple clope. Ça tournait vraiment à l’obsession ces retrouvailles…

Il fallait vraiment qu’il parte. J’avais bien failli le tuer non ? Alors pourquoi n’était-il pas déjà sorti ? Je l’entendis me dire en tirant une latte qu’étant insomniaque il avait toute la nuit devant lui. Mon corps se tendit aussitôt. J’avais certes toute la nuit mais pas assez de force pour soutenir sa vue si longtemps sans me trahir à mon tour. Par ailleurs désormais, je m’interrogeais à savoir si oui ou non je devais mettre fin au petit jeu que j’avais moi-même instauré contre sa volonté. Faire mine de ne pas le reconnaître… Quand je pense qu’il avait gobé ça, bien qu’en même temps, c’est vrai que c’était bien le cas au début. Me passant une main dans les cheveux, agacé. Je me retournai à nouveau vers le miroir : ma mère était de retour, mon père aussi, mais leur vue, bien qu’elle me piqua la poitrine ne me fit pas basculer dans la crise d’angoisse qui m’avait étreint un peu plus tôt. A leurs visages se succédèrent ceux des amis partis trop tôt, des camarades soutenus dans leur dernier souffle. Leurs visages irradiaient de bonheur, mais ce fut la dernière image qui me coupa le souffle. J’y vis la silhouette de Kyle s’approcher toujours plus. A présent à quelques centimètres de moi, il pose sa tête sur mon torse et m’enlace. Par réflexe, ma main se lève pour caresser ses cheveux inexistants. Je ne réalise ce que je fais que lorsque ma main caresse le vide alors même que la voix du véritable Kyle derrière moi m’interroge à nouveau sur le miroir.

Je soupire bruyamment sans aucune envie de ménager mon mécontentement, et lui répond d’une voix agacée.


- « Le miroir de Rised. Un objet unique au monde qui a mené à la folie et au drame des milliers d’hommes ici bas… »

Il s’approche. Je devine aisément que cette fois il ne s’agit pas d’une illusion du miroir. Quelques secondes plus tard le voici près de moi. Il fixe le miroir. Je ne le quitte pas des yeux, avec l’idée en moi que je donnerai tout ce que je possède pour savoir ce que lui reflète le miroir à cet instant. Son regard semble tout à tour surpris, puis songeur, et déçu. Je pensais qu'il serai bouleversé, au moins assez pour que cela transparaisse sur son visage, mais rien n'a l'air de vraiment l'émouvoir. Soudain, une idée vient germer en mon esprit : me rappelant à la vision qu'il m'a été donné devoir quelques temps plus tôt, je me dévoue alors à lui expliquer la fonction de l'objet

- « Ce miroir permet de voir se refléter notre désir le plus cher, le rêve qui conduit notre vie. Qu'il s'agisse de choses réalisables... Ou non.»

Je le regarde désormais avec insistance, comme fasciné. Je ne veux pas perdre ne serait-ce qu'une seconde de l'expression qui viendra se fondre sur son visage maintenant que ce qu'il voit lui est connu.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Mer 20 Fév - 0:20

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »


Je l'écoutais parler d'amour de façon inexorable et ne trouvais rien à répondre. Car il avait raison. Sur toute la ligne. Car je l'avais ressenti de la même façon. Cet amour que je semblais devoir subir depuis, sans pouvoir m'en défaire, m'était tombé dessus sans prévenir et s'était confortablement installé dans ma tête, dans mon corps. Je n'avais rien pu faire pour m'en empêcher. Ni maintenant, ni jamais. Il était juste là. Toujours. Je tirai à nouveau sur ma cigarette et soufflait lentement la fumée. Je voulais insister, lui demander s'il l'aimait toujours. S'il voulait le revoir. Mais je n'en trouvais ni le courage, ni l'envie. Tout ça était déjà beaucoup trop gros à encaisser. Je voulais tout savoir, mais je devais être patient. Me laisser le temps. J'avais peur de la réponse qu'il aurait à me donner. Peur de voir le seul espoir que je m'étais autorisé à conserver disparaître. Je n'étais pas prêt, je ne savais pas si je le serais un jour.

Il s'avança à nouveau vers le miroir et sembla se perdre dans la contemplation de son reflet. Je repensais à la crise d'hystérie à laquelle j'avais assisté en arrivant. La façon dont ce miroir semblait en être la cause. Je fronçais les sourcils, prit une dernière bouffée de nicotine avant d'écraser la cigarette à mes pieds. Mon regard parcourait son dos. Ses épaules larges et solides, son dos droit dont on devinait les muscles à travers son t-shirt. Son corps tout entier semblait magnétique et m'appelait à le rejoindre. C'était facile, je n'avais qu'à avancer de quelques pas. Tendre ma main vers lui. Le prendre dans mes bras, lui dire que c'est moi, c'est moi Kyle. C'est moi, et je l'aime, et je veux qu'il revienne, qu'il revienne et qu'il ne reparte plus jamais. Mais je restais planté là. Immobile. Interdit. Au fond, je savais que ce n'était pas possible. Pas réalisable. On avait eu notre chance, notre moment, il y a deux ans, et on l'avait gâché. Maintenant.. maintenant c'était trop tard. Il n'y avait plus rien à faire. Cette pensée et tout ce qu'elle impliquait s'abattit sur moi sans aucune douceur. Un jour, un jour j'aurais pu avoir une histoire, un passé et un futur avec cet homme, mais plus maintenant. Parce que c'était trop tard. Parce qu'il m'avait rayé de sa vie. Il avait tourné la page. Il avait fait ce que je me refusais de faire durant ces deux dernières années. Ce qu'il m'était encore impossible à admettre pour l'instant.

Je regardais à nouveau dans sa direction. Une main levée dans le vide, il semblait caresser quelque chose qu'il était le seul à voir, les yeux plantés dans ce foutu miroir. Ne pas comprendre m'agaçait, et me donnait l'impression d'être face à un fou. Je me décidais donc à le questionner sur ce fameux miroir. Ma voix sembla le sortir de sa contemplation, ce qui l'irrita apparemment.

« Le miroir de Rised. Un objet unique au monde qui a mené à la folie et au drame des milliers d’hommes ici bas… »

Je m'avançais près du miroir. Qu'est ce qu'il voulait dire par là, exactement. Qu'est ce que ce miroir faisait qui pouvait pousser un homme à la folie? Je me concentrais et fixais mon reflet. Je ne comprenais pas. Dans mon reflet, je ne voyais rien. Du moins, rien de plus que ce que je ne voyais déjà. La pièce froide et vide, Alan à côté de moi. Je soupirais, impatient et déçu. Ce n'était peut-être qu'un vieux miroir poussiéreux après tout, et Alan me faisait marcher.

« Ce miroir permet de voir se refléter notre désir le plus cher, le rêve qui conduit notre vie. Qu'il s'agisse de choses réalisables... Ou non.»

Là était alors son secret. Je fronçais les sourcils et me concentrais. Peut-être fallait-il penser très fort à ce qu'on désirait pour le voir? La première chose qui me passa par la tête fut la Résistance et mon diplôme de professorat. Toujours rien. Je passais une main sur mon visage, comme pour me concentrer encore un peu plus. Je rouvrais les yeux. Rien. Je souriais tristement, face à l'évidence.

« Encore faut-il avoir un rêve. Je ne vois rien. Rien du tout. »

J'envoyais valser un caillou d'un léger coup de pied, digérant difficilement la nouvelle. Je n'avais aucun véritable désir, aucun rêve. Comment était-ce possible, mon envie de rentrer dans la Résistance était pourtant bien réelle, l'énergie que j'y consacrais également. Je relevais la tête vers le miroir, pour n'y retrouver que mon reflet et celui de Mr Davis. Un détail me sauta alors aux yeux. Alors que ma mine était abattue, celle de mon reflet était rayonnante. Le reflet de mon ancien amant l'était tout autant. Alors.. Je ne voyais rien parce que ce que je désirais le plus se trouvait déjà là, à côté de moi, dans cette pièce. La prise de conscience de ce fait à présent évident me traversa telle une lame. Nos réflexions se regardèrent. On avait l'air tellement.. heureux. Je vis ma main se tendre vers lui, pour saisir la sienne. Je ne voulais plus jamais détourner mon regard de ce miroir. Je me sentais si bien. Alan était à mes côtés, et il était heureux. Nous étions heureux. Nous n'avions plus à être seul, à se mentir, à se fuir. Le bonheur simple de la scène m'englobait et je sentis le moi actuel sourire comme je ne l'avais plus fait depuis longtemps. Dans un murmure que j'espérais être le seul à entendre dans ma transe causée par le miroir, je murmurai :

« Alan... »

Ma main heurta quelque chose de chaud et me ramena à la réalité. Ma réflexion n'était pas la seule à avoir tendue la main vers Davis. Inconsciemment, j'avais reproduit le geste que me dictait le miroir, et ma main venait de heurter la sienne. Le retour à la réalité fut brutal, instantané, et amer. Je ramenais vivement ma main vers moi, enfonçant mes mains dans mes poches de jeans précipitamment. Un rapide coup d'oeil au miroir me fit comprendre que l'illusion était partie, pour l'instant du moins. Ce qui m'insupportai. Je tournais le dos à Alan et au miroir vivement, paniqué à l'idée de laisser mon désespoir se lire sur mon visage, et de la scène à laquelle il venait d'assister. Ma seule réaction fut défensive. Je ne voulais pas qu'il sache. Surtout pas. S'il savait, s'il s'en rendait compte.. Non, il était hors de question de me vendre, de lui révéler qui je suis.

« J'ai déjà tout ce dont je rêve, ce miroir n'a rien à m'apporter. »

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy [ Kyle & Alan ] Mar 26 Fév - 13:27

Alan Davis & Kyle Lake
« Nobody said it was easy »

Tandis que je le regarde avec appréhension, il se recule, visiblement déçu, avant de laisser sa colère se porter sur un caillou sous sa chaussure. Il n'a pas de rêve ? Il ne voit rien ? Impossible, je ne le sais que trop bien. Soudain, son expression change à nouveau, et je crois enfin déceler cette étincelle que je désirais tant voir dans ce regard.
Nous voyons tous deux la même chose dans ce foutu miroir : le reflet d'un rêve à deux que ni l'un ni l'autre n'avons le courage d'entreprendre ! De le voir à présent si troublé, de voir cette émotion sur ce visage objet de tous mes désirs, me met dans une colère noire. Contre lui, contre moi-même. Pourquoi sommes-nous si stupides et lâches ? A présent que, je le devinais bien, son trouble se trouvait pareil au mien, qu'est-ce qui m'empêchait encore de me jeter sur lui et l'embrasser, de me fondre en lui comme nous l'avions déjà fait ? Je le vis sourire de façon si sincère... C'est alors que j’eus ma réponse. Quoi qu'il puisse voir à présent dans ce miroir, ma présence à ses côtés n'étaient pas désirée. En se faisant passer pour un autre que lui, en se jouant du tourment qu'avait été le mien un peu plus tôt, pour me faire croire qu'il n'était pas Kyle... Tout ça prouvait qu'en vérité il ne me désirait plus. Il ne voulait pas de moi. Ou alors, si c'était bel et bien le cas, sa raison le poussait tout de même à m'éloigner de lui, et cette affirmation que je me fis en moi-même me faisait désormais littéralement bouillir de rage.

Le son de sa voix prononçant mon nom acheva de mettre un terme à sa mascarade. L'entendre susurrer ainsi mon prénom avait un arrière-goût de divin qui me fit frissonner. La dernière fois qu'il m'avait appelé de cette façon, j'étais en lui, il était mien, tout à moi. Un instant pendant lequel la fin du monde elle même n'aurait su nous séparer. Mais je ne revivrai jamais cela. Je ne sentirai plus jamais cette chaste exiguïté s'enrouler et se perdre autour de moi. Plus jamais je ne pourrai passer ma main dans ces cheveux, ma bouche sur ces lèvres, mes doigts sur cette peau...
Une boule me serre la gorge. Kyle Lake ne m'appartiendra plus jamais. Cette vérité immuable me donne envie de pleurer, de tout frapper autour de moi, d'hurler ! De mourir...
Soudain je sentis un frôlement chaud contre ma main, et mes yeux désormais baissés eurent à loisir de voir sa main toucher la tienne.

Pendant cette seconde d'éternité, je sentis mon cœur battre comme un fou, à m'en donner le vertige. Je retins mon souffle, une poussée d’adrénaline m'étouffe déjà alors que déjà, je m'imagine avoir eu tort, et chasse mes mauvaises pensées. Il me touche. Sa main frôle la mienne. Le contact est infime, tellement piètre que c'en est pitoyable de se réjouir ainsi, mais je ressens sa chaleur comme si je venais de jeter cette main dans le feu. Rien n'y fait, je n'ai plus le contrôle, je suis comme un fou.
Un sourire commence déjà à naître sur le contour de mes lèvres, mes yeux sont désormais tout prêt à croiser les siens, mais alors que je m'apprête à tout cela, mon désir écarte vivement sa main de la mienne en un geste brusque qui me fait retomber aussi net.
Il cache alors ses mains dans ses poches. J'ai mal. Putain ce que j'ai mal ! Par Merlin, je peux jurer qu'un Doloris n'est qu'une caresse comparé à ce sentiment qui me transperce alors la poitrine ! Il me tourne le dos, désormais inaccessible, et le douleur n'en est que plus forte. Je voudrai le serrer contre moi, de toute mes forces, mais voilà qu'il m'assure que tel qu'il est, il possède déjà tout ce qu'il désire, et que le miroir de Rised ne lui reflète rien. Il ment. Pire, il ME ment ! Ça m'est tout bonnement insupportable. De le voir ainsi se foutre de moi, de l'entendre me dire ce genre de choses, mais pour qui me prend-t-il sérieusement ?!
Ma rage s'envenime à mesure que s'écoule les secondes. Un silence lourd et pesant fait son nid dans la pièce. Mes poings que je serre tremblent sous le force que je met à les retenir.

Mais bientôt je n'y tint plus. Grinçant de mon ton le plus amer, je me vend enfin, répétant chaque mots qu'il a prononcé lentement.


« Tout ce dont tu rêves, hein ? »

Mes jambes se déplacent rapidement. Je ne calcule même plus ce que je fais, et je dois reconnaître que je déteste ça. Avec force, j'attrape l'épaule de celui qui fut mon amant pour le forcer à se retourner, puis agrippe son menton, et le regarde droit dans les yeux. Je sens mon expression se tendre de colère,mais je ne peux plus me retenir. Mon cœur est déjà bien trop lourd à porter pour supporter en plus le fait qu'il me prenne pour un parfait imbécile.
Il ne dit rien à présent, se contentant de me regarder de toute sa si belle stupeur. Merde ce qu'il est beau, ce que je le veux ! Mais lui a apparemment déjà tout ce qu'il désire, et me laisse de ce fait seul dans le mien comme toujours inachevé. Je crève de ne pas pouvoir l'avoir, mais rien ni personne ne peut forcer l'amour, alors tant pis. Tout. J'arrête tout. J'arrête de croire, de rêver, d'espérer. J'arrête de me torturer de mon désir pour lui, et met donc un point final à mes espoirs de le retrouver un jour en lui jetant ses mots amères au visage.


« Puisqu'il semblerait que tu aies déjà tout ce dont tu souhaites, Kyle Melchior Lake, je n'ai plus de raison de souhaiter ton bonheur. »

Ses yeux s'arrondissent au possible alors que je prononce son nom en en détachant les syllabes au couteau. Je jure en mon for intérieur, encore, puis chasse ces élans qui me crient combien je rêve de le posséder, d'obtenir tout de lui, et, c'est une première pour moi, de tout lui offrir.
Mais je n'ai rien à lui offrir. Rien de plus que ce détestable cadeau d'adieu : un baiser que je force de mes lèvres violant les siennes. Je le sens se tendre sous la pression de mon impudique caresse, puis, avec autant de force que j'en ai mit pour retenir sa bouche contre la mienne, je le repousse vivement, avant de lui dire d'un ton calme mais cinglant.


« Va au diable ! »

Je tourne aussitôt les talons, et quitte la pièce.
A vive allure, je rejoins ma chambre. A peine la porte claque-t-elle derrière moi que mes jambes tremblantes se défont sous mon poids.
Une sensation humide vint me picoter le visage. J'y passe ma main, n'y trouve que des larmes.
Les plus amères de toute une vie.



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